{"id":309,"date":"2025-06-12T12:47:22","date_gmt":"2025-06-12T10:47:22","guid":{"rendered":"https:\/\/bienvenueenidiocratie.com\/?p=309"},"modified":"2025-06-12T12:48:19","modified_gmt":"2025-06-12T10:48:19","slug":"seuls-au-monde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bienvenueenidiocratie.com\/index.php\/2025\/06\/12\/seuls-au-monde\/","title":{"rendered":"Seuls au monde"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><a href=\"http:\/\/www.abandoned-places.com\/thumbnails02.htm\" target=\"_blank\" rel=\" noreferrer noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"500\" height=\"336\" src=\"https:\/\/bienvenueenidiocratie.com\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/dro-terril03.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-310\" style=\"width:670px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/bienvenueenidiocratie.com\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/dro-terril03.jpg 500w, https:\/\/bienvenueenidiocratie.com\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/dro-terril03-300x202.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p>Qui ne s\u2019est pas d\u00e9j\u00e0 laiss\u00e9 bercer par le doux r\u00eave misanthrope d\u2019une terre vid\u00e9e soudain de ses habitants que l\u2019on pourrait arpenter \u00e0 loisir dans le silence et la qui\u00e9tude de la fin des temps\u00a0? Evidemment, tout le monde n\u2019est peut-\u00eatre pas sujet \u00e0 tout moment \u00e0 ce genre de manifestations asociales mais tout de m\u00eame, apr\u00e8s une bonne journ\u00e9e \u00e0 galoper aux basques de la foule des travailleurs pendulaires, qui n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 effleur\u00e9 par ce fantasme d\u00e9miurgique d\u2019\u00eatre le dernier habitant de la plan\u00e8te\u00a0?<\/p>\n\n\n\n<p>\u00a0L\u2019id\u00e9e n\u2019a cess\u00e9 en tout cas d\u2019inspirer le cin\u00e9ma, bien qu\u2019elle d\u00e9bouche le plus fr\u00e9quemment sur des \u0153uvres assez peu optimistes. Plut\u00f4t que de s\u2019appesantir sur le poids lourd\u00a0<em>I am legend<\/em>\u00a0(2007) avec Will Smith dont les quelques bonnes id\u00e9es sont g\u00e2ch\u00e9es par une r\u00e9alisation au tractopelle, on pourrait \u00e9voquer pour commencer son illustre anc\u00eatre\u00a0<em><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=6kbKpDGInsU\">The last man on earth<\/a>\u00a0<\/em>(1964), de Ubaldo Ragona (diffus\u00e9 en France sous le titre\u00a0<em>Je suis une l\u00e9gende<\/em>), qui a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de la collaboration directe de Richard Matheson (l\u2019auteur de la nouvelle \u00e0 l\u2019origine de\u00a0<em>Je suis une l\u00e9gende<\/em>) et de celle de l\u2019immense Vincent Price dans le r\u00f4le du scientifique portant sur ses \u00e9paules le poids \u00e9crasant et la culpabilit\u00e9 d\u2019\u00eatre le dernier \u00eatre humain \u00e0 avoir surv\u00e9cu \u00e0 l\u2019effroyable \u00e9pid\u00e9mie qui a transform\u00e9 l\u2019humanit\u00e9 en zombies assoiff\u00e9s de sang. Condamn\u00e9 \u00e0 subir chaque nuit le si\u00e8ge des monstres qui assaillent sa demeure fortifi\u00e9e et \u00e0 arpenter le jour la ville d\u00e9serte qu\u2019il tente de d\u00e9barrasser des milliers de cadavres infect\u00e9s qui jonchent les rues, Price r\u00e9ussit \u00e0 retranscrire par son interpr\u00e9tation le combat qui oppose sa sant\u00e9 mentale de plus en plus vacillante et cette routine effroyable qui le vide peu \u00e0 peu de toute humanit\u00e9. Sept ans plus tard, le r\u00e9alisateur Boris Sagal donnera en 1971 dans\u00a0<em><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=uiNY3anKBa4\">The Omega Man<\/a>\u00a0<\/em>(<em>Le survivant<\/em>) une version nettement plus funky et r\u00e9jouissante de la survie en terre isol\u00e9e, avec un Charlton Heston tous flingues dehors et un peu plus d\u00e9tendu que Vincent Price, d\u00e9couvrant les joies d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 de consommation livr\u00e9e enti\u00e8rement \u00e0 ses caprices et \u00e0 ses envies. Le\u00a0<em>I am legend\u00a0<\/em>de 2007 a tent\u00e9 de m\u00e9langer avec plus ou moins de bonheur les deux atmosph\u00e8res mais l\u2019on dira que c\u2019est surtout le Georges Romero de\u00a0<em>Night of the living dead<a href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Lampistron\/Desktop\/Idiocratie\/Seul%20au%20monde\/Seuls%20au%20monde.doc#_ftn1\"><strong>[1]<\/strong><\/a>\u00a0<\/em>(1968) puis de\u00a0<em><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=Pt-EipwlWQ0\">Dawn of the dead<\/a>\u00a0<\/em>(1978,\u00a0<em>Le cr\u00e9puscule des morts-vivants<\/em>)<a href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Lampistron\/Desktop\/Idiocratie\/Seul%20au%20monde\/Seuls%20au%20monde.doc#_ftn2\">[2]<\/a>\u00a0qui doit beaucoup \u00e0 ces deux interpr\u00e9tations du livre de Richard Matheson.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le cas des adaptations du\u00a0<em>Je suis une l\u00e9gende\u00a0<\/em>de Matheson, si la solitude du personnage principal est dans un premier temps compl\u00e8te et l\u2019\u00e9radication de l\u2019humanit\u00e9 consomm\u00e9e, cet \u00e9tat de fait finit par \u00eatre contredit par l\u2019irruption d\u2019un autre repr\u00e9sentant du genre humain ayant lui (ou elle) aussi surv\u00e9cu \u00e0 l\u2019\u00e9pid\u00e9mie. Si l\u2019adaptation de Ubaldo Ragona est celle qui se rapproche le plus du pessimisme de la nouvelle de Matheson, elle pr\u00e9serve cependant les caract\u00e9ristiques d\u2019une situation marqu\u00e9e par l\u2019irruption du surnaturel (m\u00eame si la myst\u00e9rieuse \u00e9pid\u00e9mie qui transforme les \u00eatres humains en vampires, zombies ou enrag\u00e9s semble avoir une origine humaine) et elle ouvre la voie au genre du\u00a0<em>survival horror\u00a0<\/em>dont Dany Boyle a le plus s\u00fbrement retrouv\u00e9 les codes en l\u2019extrayant avec\u00a0<em><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=HEkJAaGhJhQ\">28 jours plus tard<\/a>\u00a0<\/em>(2002)<a href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Lampistron\/Desktop\/Idiocratie\/Seul%20au%20monde\/Seuls%20au%20monde.doc#_ftn3\">[3]<\/a>de la voie creus\u00e9e par Romero avec l\u2019increvable (c\u2019est le cas de le dire) genre du film de morts-vivants.\u00a0<br>\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0Appartenant \u00e0 un courant cin\u00e9matographique parall\u00e8le, lui aussi en partie largement enrichi \u00e0 partir de la riche matrice du roman de Matheson,\u00a0<em>Virus<\/em>, film japonais sorti en 1980, a la particularit\u00e9 d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 le film japonais le plus cher de l\u2019histoire du cin\u00e9ma (16 millions de dollars de l\u2019\u00e9poque) et d\u2019\u00eatre aujourd\u2019hui tomb\u00e9 dans le domaine public apr\u00e8s un \u00e9chec commercial aussi colossal que le d\u00e9sastre qu\u2019il d\u00e9crit.\u00a0<em>Virus<\/em>\u00a0repr\u00e9sente une variation int\u00e9ressante du genre post-apocalyptique. Alors que l\u2019humanit\u00e9 est soudainement d\u00e9cim\u00e9e par un virus d\u2019origine militaire, les seuls survivants se trouvent \u00eatre les 863 scientifiques de nationalit\u00e9s diverses vivant dans des bases antarctiques, ainsi que l\u2019\u00e9quipage du HMS\u00a0<em>Nereid<\/em>, un sous-marin nucl\u00e9aire britannique. A partir de cette situation de d\u00e9part, le film d\u00e9veloppe quelques questionnements int\u00e9ressants et tout d\u2019abord celui de la cohabitation entre les survivants au sein d\u2019un univers clos et confin\u00e9 au sein duquel les diff\u00e9rences de cultures et de nationalit\u00e9s ne tardent pas \u00e0 \u00eatre g\u00e9n\u00e9ratrices de tensions. Ces tensions sont d\u2019ailleurs largement aggrav\u00e9es par l\u2019in\u00e9gale repr\u00e9sentation des deux sexes\u00a0: le groupe de 863 survivants ne comprenant en effet que\u20268 femmes, de difficiles questions morales ne tardent pas \u00e0 se poser. Au sein de la petite communaut\u00e9, c\u2019est donc rapidement toute l\u2019organisation des relations affectives et sociales qui vient \u00e0 \u00eatre repens\u00e9e de fa\u00e7on plus ou moins raisonn\u00e9e voire violente puisque le probl\u00e8me du viol se pose de mani\u00e8re brutale au sein de cette communaut\u00e9 isol\u00e9e du reste du monde. En plus d\u2019\u00eatre confront\u00e9 \u00e0 cette red\u00e9finition des relations humaines, le groupe des rescap\u00e9s de l\u2019Antarctique doit faire face \u00e0 la menace d\u2019un nouvel holocauste puisqu\u2019alors que les dirigeants des grandes nations ont \u00e9t\u00e9 eux aussi victimes du virus meurtrier, les syst\u00e8mes de d\u00e9fense atomique des deux superpuissances (l\u2019histoire rappelons-le est cens\u00e9e prendre place dans les ann\u00e9es 1980) assument d\u00e9sormais seuls mais avec une rigueur tout informatique le maintien de l\u2019\u00e9quilibre de la terreur et menacent d\u2019utiliser l\u2019arsenal nucl\u00e9aire des superpuissances d\u00e9funtes au moindre fr\u00e9missement de la lithosph\u00e8re.\u00a0<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il serait f\u00e2cheux de d\u00e9voiler plus, pour ceux qui seraient tent\u00e9s par son visionnage, le sc\u00e9nario d\u2019un film<a href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Lampistron\/Desktop\/Idiocratie\/Seul%20au%20monde\/Seuls%20au%20monde.doc#_ftn4\">[4]<\/a>\u00a0riche que l\u2019on peut rapprocher de deux autres \u0153uvres de par les th\u00e8mes qu\u2019il aborde\u00a0:\u00a0<em>On the beach<a href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Lampistron\/Desktop\/Idiocratie\/Seul%20au%20monde\/Seuls%20au%20monde.doc#_ftn5\"><strong>[5]<\/strong><\/a>\u00a0<\/em>d\u2019une part, r\u00e9alis\u00e9 en 1959 avec, s\u2019il vous pla\u00eet, Fred Astaire (sans claquette), Gr\u00e9gory Peck, Ava Gardner et Antony Perkins dans les r\u00f4les titres et\u00a0<em>The Quiet Earth<a href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Lampistron\/Desktop\/Idiocratie\/Seul%20au%20monde\/Seuls%20au%20monde.doc#_ftn6\"><strong>[6]<\/strong><\/a>\u00a0<\/em>(aka\u00a0<em>Le dernier survivant<\/em>, film n\u00e9o-z\u00e9landais r\u00e9alis\u00e9 lui en 1985). Le point commun qui r\u00e9unit un classique un peu oubli\u00e9 des ann\u00e9es 50, un bide commercial japonais et une obscure production n\u00e9o-z\u00e9landaise est la valeur accord\u00e9e \u00e0 la question des relations, ou plut\u00f4t de la reconstruction des relations humaines dans le contexte extr\u00eame qui prend place apr\u00e8s la catastrophe, quelle qu\u2019elle soit. Dans\u00a0<em>Virus<\/em>, on l\u2019a vu, le probl\u00e8me provient des tensions qui agitent un microcosme assi\u00e9g\u00e9 dans un environnement hostile et claustrophobique, celui d\u2019un Antarctique dont on ne sait s\u2019il est le dernier bastion ou le tombeau de l\u2019humanit\u00e9. Dans\u00a0<em>On the beach\u00a0<\/em>en revanche (<em>Le dernier rivage\u00a0<\/em>en fran\u00e7ais), le traitement du th\u00e8me de l\u2019apocalypse m\u00eale la trag\u00e9die et l\u2019\u00e9tude de m\u0153urs. Apr\u00e8s une guerre nucl\u00e9aire dont on n\u2019apprend pas grand-chose, le continent rescap\u00e9 est cette fois l\u2019Australie qui accueille d\u2019ailleurs comme dans\u00a0<em>Virus<\/em>\u00a0l\u2019\u00e9quipage rescap\u00e9 d\u2019un sous-marin nucl\u00e9aire, am\u00e9ricain cette fois. Mais si la vie semble reprendre son cours dans une Australie pr\u00e9sent\u00e9e dans un premier temps comme le nouvel Eden au beau milieu d\u2019un monde d\u00e9vast\u00e9, les habitants de la derni\u00e8re parcelle habit\u00e9e du monde comprennent vite qu\u2019ils sont condamn\u00e9s quoiqu\u2019ils fassent. Les particules radioactives lib\u00e9r\u00e9es par les d\u00e9flagrations ont contamin\u00e9 l\u2019atmosph\u00e8re, scellant l\u2019arr\u00eat de mort \u00e0 plus ou moins br\u00e8ve \u00e9ch\u00e9ance de tout ce qui vit \u00e0 la surface de la plan\u00e8te. Les diff\u00e9rents personnages du film vont donc \u00eatre contraints d\u2019accepter leur destin in\u00e9luctable apr\u00e8s avoir tent\u00e9 inutilement de se rebeller contre celui-ci, principe de toute trag\u00e9die. C\u2019est \u00e0 partir du moment o\u00f9 la r\u00e9signation s\u2019installe que le film s\u2019oriente vers une \u00e9tude de caract\u00e8re qui fait tout son int\u00e9r\u00eat et toute sa beaut\u00e9. Chacun ayant compris que la fin est proche mais cependant impossible \u00e0 pr\u00e9dire avec pr\u00e9cision abandonne tout projet survivaliste et s\u2019attache \u00e0 assouvir la passion ou \u00e0 rechercher peut-\u00eatre l\u2019amour que les contraintes de l\u2019existence lui avaient fait n\u00e9gliger.\u00a0<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 En d\u00e9pit de son sc\u00e9nario tr\u00e8s sombre,\u00a0<em>On the beach\u00a0<\/em>d\u00e9livre un message extr\u00eamement optimiste. Ce ne sont pas des sc\u00e8nes d&#8217;\u00e9meutes ou de pillages cr\u00e9pusculaires qui attendent le spectateur mais quelques s\u00e9quences au cours desquelles on entonne confraternellement au coin du feu le\u00a0<em>Waltzing Mathilda<\/em>, hymne officieux des Australiens et des clochards de tous les pays<a href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Lampistron\/Desktop\/Idiocratie\/Seul%20au%20monde\/Seuls%20au%20monde.doc#_ftn7\">[7]<\/a>\u00a0ou une sc\u00e8ne durant laquelle un des protagonistes peut enfin s\u2019adonner \u00e0 sa passion d\u2019enfance\u00a0: la course automobile.\u00a0<em>On the beach\u00a0<\/em>d\u00e9livre alors un message empli non plus de tristesse mais de tendresse et de nostalgie, et donne l\u2019impression au spectateur de contempler une humanit\u00e9 que sa fin annonc\u00e9e pousse une derni\u00e8re fois \u00e0 red\u00e9couvrir avec \u00e9merveillement le spectacle du monde et de l&#8217;existence.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><a href=\"http:\/\/www.abandoned-places.com\/\" target=\"_blank\" rel=\" noreferrer noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"500\" height=\"340\" src=\"https:\/\/bienvenueenidiocratie.com\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/db-huis03.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-311\" style=\"width:670px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/bienvenueenidiocratie.com\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/db-huis03.jpg 500w, https:\/\/bienvenueenidiocratie.com\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/db-huis03-300x204.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p>C\u2019est en quelque sorte, et pour finir, la m\u00eame fra\u00eecheur qui est v\u00e9hicul\u00e9e par cet OVNI cin\u00e9matographique que constitue&nbsp;<em>The Quiet Earth<\/em>, au casting n\u00e9o-z\u00e9landais et relativement inconnu. Cette fois, \u00e0 l\u2019issue d\u2019un \u00e9v\u00e9nement dont on ne comprend que plus tard les tenants et les aboutissants et dont on ne r\u00e9v\u00e9lera rien pour ceux qui souhaitent le regarder, le protagoniste principal se r\u00e9veille un matin dans sa chambre d\u2019h\u00f4tel compl\u00e9tement nu et compl\u00e9tement seul. Apr\u00e8s avoir repris ses esprits et ses v\u00eatements, notre h\u00e9ros explore l\u2019h\u00f4tel o\u00f9 il se trouve, arpente les environs sans parvenir \u00e0 trouver \u00e2me qui vive. Son errance dans un monde d\u00e9sert va d\u00e8s lors se poursuivre durant des jours, puis des semaines sans que se r\u00e9v\u00e8le le moindre indice qui puisse l\u2019\u00e9clairer sur la catastrophe qui l\u2019a laiss\u00e9 v\u00e9ritablement seul au monde. Se r\u00e9signant \u00e0 son sort, Zac Hobson, le h\u00e9ros de&nbsp;<em>The Quiet earth<\/em>, interpr\u00e9t\u00e9 par Bruno Lawrence, &nbsp;traverse une phase d\u2019euphorie d\u00e9lirante et m\u00e9galomane, s\u2019enivre dans des h\u00f4tels de luxe, joue les Gabriele D\u2019annunzio du haut du balcon de sa suite, en robe de chambre, face \u00e0 un parterre d\u2019effigies en carton figurant une foule fanatique et d\u00e9valise les \u00e9piceries des environs. On retrouve ici la jouissance consum\u00e9riste et le d\u00e9sespoir nihiliste qui s\u2019emparait \u00e9galement du personnage interpr\u00e9t\u00e9 par Charlton Heston dans&nbsp;<em>Omega Man<\/em>. Zac Hobson, \u00e0 la fois d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 et de plus en plus d\u00e9tach\u00e9 de son propre sort tente de combler par les caprices les plus saugrenus le vide qui s\u2019est empar\u00e9 de ce monde devenu un terrain trop vaste et trop solitaire.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il semble cependant que le genre post-apocalyptique ne tol\u00e8re la solitude que dans un temps limit\u00e9<a href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Lampistron\/Desktop\/Idiocratie\/Seul%20au%20monde\/Seuls%20au%20monde.doc#_ftn1\">[1]<\/a>, et&nbsp;<em>The Quiet earth<\/em>&nbsp;ne fait pas exception \u00e0 la r\u00e8gle. Au cours de ses errances sans but, Zac finit par rencontrer Joanne, une survivante comme lui, avec laquelle va s\u2019\u00e9baucher une relation amoureuse, puis Api, un Maori de prime abord assez inqui\u00e9tant, qui tend une embuscade \u00e0 notre h\u00e9ros et le force sous la menace d\u2019une arme \u00e0 le conduire aupr\u00e8s de Joanne dont il apprend l\u2019existence gr\u00e2ce \u00e0 un talkie-walkie gr\u00e9sillant au moment inopportun. Toute l\u2019originalit\u00e9 de&nbsp;<em>The Quiet earth&nbsp;<\/em>se d\u00e9ploie \u00e0 partir de cette rencontre. De la m\u00eame mani\u00e8re que&nbsp;<em>On the beach<\/em>, ce \u00e0 quoi l\u2019on pouvait s\u2019attendre ne se produit par forc\u00e9ment et, contre toute attente, la rencontre entre Zac, Api et Joanne, au milieu d\u2019un parc ne donne pas lieu \u00e0 une explosion de violence mais \u00e0 une sc\u00e8ne de fraternisation entre les trois rescap\u00e9s. Le film donne d\u00e8s lors lieu \u00e0 une nouvelle variation sur le th\u00e8me de la reconstruction des relations affectives dans un contexte post-apocalyptique et une situation de triangle amoureux que les personnages tentent d\u2019affronter au mieux, de la m\u00eame mani\u00e8re que dans<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=zxrmTHF08AM\">&nbsp;<em>The world, the flesh and the devil&nbsp;<\/em><\/a>(1959) avec Harry Belafonte.&nbsp;Tout comme dans ce classique de la science-fiction des ann\u00e9es 50, dont&nbsp;<em>The Quiet earth&nbsp;<\/em>constitue un remake assez psych\u00e9d\u00e9lique, le trio devra apprendre \u00e0 vivre avec les nouvelles normes impos\u00e9es par un changement de situation radicale.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><a href=\"http:\/\/www.abandoned-places.com\/inss01.htm\" target=\"_blank\" rel=\" noreferrer noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"504\" height=\"344\" src=\"https:\/\/bienvenueenidiocratie.com\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/safea-50.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-312\" style=\"width:670px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/bienvenueenidiocratie.com\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/safea-50.jpg 504w, https:\/\/bienvenueenidiocratie.com\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/safea-50-300x205.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 504px) 100vw, 504px\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p>\u00a0Au-del\u00e0 des repr\u00e9sentations \u00e0 grand spectacle ou des sc\u00e9narios post-apocalyptiques figurant un basculement dans la barbarie \u00e0 grande \u00e9chelle, ces quelques productions plus ou moins atypiques, d\u00e9laissant l\u2019\u00e9vocation du cataclysme, laissent une plus large place \u00e0 une repr\u00e9sentation plus intimiste de la fin des temps. Dans les quelques films \u00e9voqu\u00e9s ici, les diff\u00e9rents personnages ressentent avec plus d\u2019intensit\u00e9 la fragilit\u00e9 de leur existence, alors que leur statut de survivants les condamne soudain \u00e0 l\u2019isolement r\u00e9serv\u00e9 aux dieux, car seuls les b\u00eates et les dieux peuvent vivre en dehors de la cit\u00e9 des hommes.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><a href=\"http:\/\/www.abandoned-places.com\/duisburg01.htm\" target=\"_blank\" rel=\" noreferrer noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"504\" height=\"335\" src=\"https:\/\/bienvenueenidiocratie.com\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/safea-43.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-313\" style=\"width:670px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/bienvenueenidiocratie.com\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/safea-43.jpg 504w, https:\/\/bienvenueenidiocratie.com\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/safea-43-300x199.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 504px) 100vw, 504px\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p>Note\u00a0: les photographies utilis\u00e9es pour illustrer cet article proviennent toutes de l\u2019excellent site\u00a0<a href=\"http:\/\/www.abandoned-places.com\/index.htm\">http:\/\/www.abandoned-places.com\/index.htm<\/a>, monument num\u00e9rique\u00a0dont nous recommandons vivement la visite \u00e0 nos lecteurs.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Lampistron\/Desktop\/Idiocratie\/Seul%20au%20monde\/Seuls%20au%20monde.doc#_ftnref1\">[1]<\/a>&nbsp;Il faudrait cependant ici citer quelques fantastiques \u00e9pisodes de la s\u00e9rie&nbsp;<em>Twilight Zone<\/em>, notamment&nbsp;<em>Solitude&nbsp;<\/em>et&nbsp;<em>Time enough at last<\/em>&nbsp;qui figurent avec cruaut\u00e9 l\u2019exp\u00e9rience d\u2019une solitude compl\u00e8te dans un monde compl\u00e9tement abandonn\u00e9. On pense aussi \u00e0 la nouvelle&nbsp;<em>The silent towns<\/em>, dans les chroniques martiennes de Ray Bradbury.<\/p>\n\n\n\n<p>Publi\u00e9 le 23 juillet 2012 sur le blog <a href=\"https:\/\/idiocratie2012.blogspot.com\/2012\/07\/seuls-au-monde-1.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" title=\"\">Idiocratie<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Qui ne s\u2019est pas d\u00e9j\u00e0 laiss\u00e9 bercer par le doux r\u00eave misanthrope d\u2019une terre vid\u00e9e soudain de ses habitants que l\u2019on pourrait arpenter \u00e0 loisir dans le silence et la qui\u00e9tude de la fin des temps\u00a0? Evidemment, tout le monde &hellip; <a href=\"https:\/\/bienvenueenidiocratie.com\/index.php\/2025\/06\/12\/seuls-au-monde\/\">Continue reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[],"class_list":["post-309","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-cinema-paradiso"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/bienvenueenidiocratie.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/309","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/bienvenueenidiocratie.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/bienvenueenidiocratie.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bienvenueenidiocratie.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bienvenueenidiocratie.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=309"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/bienvenueenidiocratie.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/309\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":316,"href":"https:\/\/bienvenueenidiocratie.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/309\/revisions\/316"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/bienvenueenidiocratie.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=309"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/bienvenueenidiocratie.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=309"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/bienvenueenidiocratie.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=309"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}