{"id":306,"date":"2025-06-12T12:35:25","date_gmt":"2025-06-12T10:35:25","guid":{"rendered":"https:\/\/bienvenueenidiocratie.com\/?p=306"},"modified":"2025-06-12T12:35:26","modified_gmt":"2025-06-12T10:35:26","slug":"parades-amoureuses","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bienvenueenidiocratie.com\/index.php\/2025\/06\/12\/parades-amoureuses\/","title":{"rendered":"Parades amoureuses"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"566\" height=\"841\" src=\"https:\/\/bienvenueenidiocratie.com\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Lete-de-Giacomo.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-307\" style=\"width:670px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/bienvenueenidiocratie.com\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Lete-de-Giacomo.jpg 566w, https:\/\/bienvenueenidiocratie.com\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Lete-de-Giacomo-202x300.jpg 202w\" sizes=\"auto, (max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>\u00a0 La premi\u00e8re r\u00e9alisation d\u2019Alessandro Comodin,\u00a0<em>L\u2019\u00e9t\u00e9 de Giacomo<\/em> est un film documentaire consacr\u00e9 \u00e0 un sourd, r\u00e9cemment op\u00e9r\u00e9, qui retrouve le bruit de vivre. Cela n\u2019est qu\u2019un pr\u00e9texte \u00e0 une longue d\u00e9ambulation entre deux adolescents qui se donnent au soleil \u00e9crasant de l\u2019\u00e9t\u00e9, le plus souvent pr\u00e8s d\u2019un bout de plage perdu au fond d\u2019un bois touffu. Le bruit des insectes, des pas qui craqu\u00e8lent dans le chemin bois\u00e9, des peaux qui s\u2019effleurent, cela pourrait faire jaillir une po\u00e9sie brute comme une musique concr\u00e8te. Pourtant, le film est plus \u00e2pre, comme un documentaire, comme la r\u00e9alit\u00e9\u00a0: les moustiques gr\u00e9sillent de toutes parts, une branche morte sort de l\u2019eau, le sable est vaseux, etc.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ce cadre est tout simplement r\u00e9el, sans mise en ab\u00eeme formelle, et accueille le v\u00e9ritable sujet du film : les vacances de deux adolescents qui partagent des moments, ni beaux ni laids, \u00e0 travers lesquels montent doucement, presque subrepticement, la petite vague d\u00e9sirante, que l&#8217;on n&#8217;ose pas appeler amour. Une \u00e9trange m\u00e9lancolie \u00e9treint le spectateur qui se rappelle de ces moments fugaces o\u00f9 l&#8217;on ne sait trop que faire de cette pulsion embarrassante. Le gar\u00e7on est volontiers cru dans son expression, et masque son d\u00e9sir dans une bravade qui tourne souvent \u00e0 la brusquerie. La fille est beaucoup plus silencieuse, \u00e0 la fois distante et proche, et go\u00fbte ce plaisir nouveau au fil des situations. Elle est instinctive quand, lui, se r\u00e9fugie dans les mots.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Ce petit jeu du chat et de la souris, tout empreint de maladresses, se poursuit dans diverses sayn\u00e8tes&nbsp;: au bord de l\u2019eau, autour d\u2019une batterie, au milieu d\u2019un bal populaire ou dans une f\u00eate foraine. Il n\u2019y a pas d\u2019amour entre ces jeunes gens, mais la chair qui palpite, les mots qui tr\u00e9buchent, les regards qui se croisent. Le romantisme n\u2019appartient pas au monde de l\u2019adolescence, sauf dans les mauvaises repr\u00e9sentations. Le d\u00e9sir est brut, jusqu\u2019\u00e0 ce moment o\u00f9 il est pr\u00eat \u00e0 s\u2019exprimer, parce que la situation l\u2019impose. La jeune fille sort de l\u2019eau avec du sable dans les yeux, le jeune gar\u00e7on la regarde tendrement&nbsp;: tout en elle attend le baiser quand lui ne sait trop comment s\u2019y prendre (sc\u00e8ne ci-dessous). Quelques phrases, et il est d\u00e9j\u00e0 trop tard. Le d\u00e9sir s\u2019est enfui, et le destin poursuit sa marche, et la m\u00e9lancolie vient.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais ce moment, ils l\u2019ont partag\u00e9, comme un secret. Personne ne sait d\u2019o\u00f9 il vient, ni comment le reproduire. L\u2019amour \u00e9tait l\u00e0, dans son mat\u00e9riau brut. Et lorsqu\u2019ils reviennent de leur \u00e9chapp\u00e9e, ils go\u00fbtent l\u2019ivresse de la nature en mouvement. Ils sont heureux, ils ont \u00e9t\u00e9 amoureux sans m\u00eame le savoir.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9trangement, et tr\u00e8s justement, le dernier quart d\u2019heure du film montre l\u2019amour que le jeune gar\u00e7on partage avec une autre jeune fille, un peu sourde comme lui. Le sentiment est comme sorti de sa taverne \u2013 apr\u00e8s l\u2019initiation&nbsp;? \u2013 et il tisse sa toile entre les deux c\u0153urs. La jeune fille raconte comment, le d\u00e9sir montant, elle a entra\u00een\u00e9 ce jeune homme dans l\u2019union des corps. Et le regrette presque, malgr\u00e9 son in\u00e9luctabilit\u00e9. L\u2019innocence s\u2019est enfuie pour laisser la place \u00e0 la m\u00e9lancolie du souvenir. Apr\u00e8s, ce n\u2019est plus jamais pareil. Bataille ne disait-il pas que l\u2019union est comme une d\u00e9chirure, une blessure qui ne se referme jamais.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Publi\u00e9 au coeur de l&#8217;\u00e9t\u00e9 2012 sur le blog <a href=\"https:\/\/idiocratie2012.blogspot.com\/2012\/07\/parades-amoureuses.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" title=\"\">Idiocratie<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 La premi\u00e8re r\u00e9alisation d\u2019Alessandro Comodin,\u00a0L\u2019\u00e9t\u00e9 de Giacomo est un film documentaire consacr\u00e9 \u00e0 un sourd, r\u00e9cemment op\u00e9r\u00e9, qui retrouve le bruit de vivre. 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